ChroniqueS D'ATELIERS

Vous pouvez défiler parmi mes chroniques d'ateliers ci-dessous.

Liste des chroniques d'ateliers

Un blizzard s’annonce : huile sur toile – 20 po x 16 po
Un blizzard s’annonce : huile sur toile – 20 po x 16 po

Chronique d’atelier n° 46 – 15/01/2019

DANS QUELQUES JOURS…


Certaines destinations sont des rendez-vous sans promesse, des rendez-vous où l’agenda est déterminé par la liberté et l’absence d’attente. Il est donc inutile de prendre rendez-vous avec le vent, la lumière, l’espace et l’humain qui y habite. Il faut simplement être là ! disponible, attentif, car l’extraordinaire se produira ou ne se produira pas, qu’on le veuille ou non. J'arrive! quelle bonne chose que la perte de contrôle.


L’arbre – aquarelle – 12 po X 9 po
L’arbre – aquarelle – 12 po X 9 po

Chronique d’atelier n° 45 – 01/01/2019

À PEINDRE DES ARBRES, J’EN SUIS DEVENU UN.


Dans la nature qui m’est salutaire les arbres que j’aime m’ont tant donné. À les dessiner j’ai fini par les entendre, les comprendre, les respecter. J’ai reçu une transfusion de sève et je suis devenu moi-même un arbre. Ils m’ont enseigné le courage et la patience; ils m’ont appris à prendre racines dans le moment présent et en toute saison.

 

Ils m’ont montré comment écouter le sol sous mes pieds, car oui, la terre parle.

 

J’ai aussi appris des arbres à ne rien espérer de plus que ce que le vent apporte, car il est vain de désirer ce qui va à d’autres vents. Maintenant, comme les arbres je pointe le ciel, jour et nuit beau temps mauvais temps, afin de m’élever au-dessus des bruits intrigants des étangs. J’ai aussi compris que c’est dans le silence des aurores boréales que la sagesse instruit les arbres; les Lumières se manifestent également dans d’autres loges que l’humanité, heureusement. Ainsi les arbres savent se méfier de ceux qui font trop d’éloges de leurs ramures, car il s’y trouve parmi eux des pilleurs de sève, tronçonneurs et dynamiteurs de racines. Les arbres m’ont appris à les reconnaître.


J’ai encore appris des arbres qu’il suffit d’ouvrir ses bras pour que les oiseaux viennent s’y poser pour chanter et même faire leur nid. J’ai vu que les arbres se partagent la terre nourrissante et qu’ils se tiennent par la racine les uns aux autres pour mieux vivre debout. Je tiens des arbres l’acceptation de l’autre, différent à l’écorce et pourtant d’un même bois. Enfin, les arbres m’ont confié qu’ils ont toujours été là, avant, et le seront toujours même après nous, d’où mon bonheur d’en être devenu un.


C’est ce que je souhaite à chacun.


Mon atelier
Mon atelier

Chronique d’atelier n° 38 – 01/11/2018

MON ATELIER.


Mon atelier, c’est le foyer où brûle le feu de ma passion. Il connait tout de moi mon atelier : mes dialogues intérieurs, mes rêves, mes victoires, mes joies, mes colères, mes tristesses, mes craintes, mes défaites, mes souffrances et mes secrets les plus intimes.
Hommage à Alizarine.


Mon atelier, c’est le sanctuaire où des choses extraordinaires se manifestent. Il y a des moments de grâce dans mon atelier : des miracles, des révélations, des consécrations, des seconds regards, des doutes, des vérités, des demi-vérités, des mensonges, des feux de l’enfer et des rêves faustiens.
Hommage à Safran.


Mon atelier, c’est le refuge où je vis intensément, où mon cœur bat . Il est petit mon atelier : quelques pieds carrés et pourtant je m’y perds dans l’inspiration, puis je m’y retrouve toujours ébahi dans la contemplation, dans l’émerveillement, dans les couleurs, dans les sensations, dans un bonheur ineffable, dans le silence, dans le vide existentiel, dans un vague à l’âme, dans l’absence, mais jamais dans le désespoir.
Hommage à Outremer.


Mon atelier, là où je grandis à la lumière du jour seulement.


Repos mérité : huile sur toile – 14 po X 11 po
Repos mérité : huile sur toile – 14 po X 11 po

Chronique d’atelier n° 37 – 23/10/2018

LA RÉSILIENCE! PARLEZ-EN À UN CHIEN DU NORD.


Ils tirent des traîneaux sur des dizaines de kilomètres d’étendues glacées, à la poursuite d’un horizon qui recule constamment, qu’ils n’atteindront jamais. Ce sont les Sisyphe du nord. Les chiens de traîneaux qui restent dehors couchés en boules à moins quarante aux vents et aux blizzards, emplâtrés de neige durcie, ceux-là qui sont naturellement sélectionnés, qui ne sont pas devenus des mutants, ceux-là qui ne passent pas leur temps chez le vétérinaire. Ils sont forts, incroyablement résistants, résilients, ils sont admirables.


Après un presqu’été les canots sont tournés à l’envers, c’est l’hiver, le temps où les chiens sont contents d’être avec l’homme dans le village, ils seront nourris, attelés et ils travailleront à ce qu’ils aiment le plus, courir. Je dis « avec l’homme » car il faut savoir qu’au printemps les hommes vont porter les chiens sur des îles où ils passeront l’été seuls, juste entre chiens. On ira de temps à autre leur porter des corégones, des carcasses de caribous et autres restants qu’ils ne se partageront pas amicalement. C’est là aussi que se confirme la hiérarchie dans la bande, que l’ordre de la lignée de Canis lupus sélectionne les plus forts. L’été boréal ne dure pas longtemps heureusement, car l’épreuve des îles est des plus redoutables pour la vie d’un chien du nord.


Combat dans l’aube : huile sur toile – 20 po X 16 po
Combat dans l’aube : huile sur toile – 20 po X 16 po

Chronique d’atelier n° 36 – 18/10/2018

LUMIÈRE, QUI ES-TU?

Elle se répand partout, même dans les ombres et cela me fascine. En peinture, il y a une différence entre luminosité et lumière tout comme il y a une différence entre création et créativité d’ailleurs. Je pense que la luminosité est une essence du pigment qui permet à la couleur d’ondoyer alors que la lumière et les ombres sont « des effets » créés par l’artiste, par son savoir-faire qu’il a acquis, patiemment. C’est lorsqu’elles sont rompues et savamment juxtaposées que les couleurs quittent leur état primaire; cette luminosité chromatique initiale se métamorphose alors en tons plus complexes, des sensations de lumière et d’ombre sont créées, une atmosphère est ressentie, c’est la magie de la couleur. « La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient le don magique » (Delacroix).


La lumière qui change toujours, on croit la saisir alors qu’elle nous échappe toujours, comme la sagesse il faut sans cesse la retrouver, parfois elle pénètre, parfois elle réfléchit sur des surfaces, parfois elle vibre, parfois elle disparait dans l’ombre, murmurant dans les plus basses vibrations. Elle a autant de personnalités que d’objets qu’elle caresse, rendre les effets de la lumière sur la neige est un défi qui n’est pas à hauteur d’homme alors qu’elle se laisse doucement dérober sur une fleur. Est-ce par la raison ou par l’intuition que je saisi parfois l’ineffable bonheur de toucher du bout du pinceau ce Graal qui est la lumière dans l’œuvre? Je ne le sais pas, ma toile au départ est un ténèbre blanc, un mur qui me défie et que je dois faire tomber à coup de pinceaux, ça! je le sais.


25 octobre – huile sur toile - 18po X 14 po
25 octobre – huile sur toile - 18po X 14 po

Chronique d’atelier n° 35 – 10/10/2018

ALIZARINE, VEUX-TU M’ÉPOUSER?

Si je devais faire la demande en mariage à une couleur c’est à Alizarine que je demanderais, et c’est à Naples que je le ferais. Car avec le jaune de Naples Alizarine s’allume, elle transforme ses pigments en poussières de lumière. Alizarine est née d’une racine de la garance des teinturiers, elle est irrésistible. Or cette végétalienne tire sa sagesse de la terre et ainsi pour le peintre elle est une médiatrice hors pair lorsqu’il s’agit de concilier des contrastes trop violents, elle seule peut arriver à déposer des vibrations de chaleur dans les couleurs froides et obliger de surprenantes harmonies avec des chaudes.


Pour l’avoir fréquentée pendant toutes ces années je sais à quel point elle peut mettre au diapason des valeurs; dans les gammes les plus élevées aux plus basses. Voici un autre secret : dans une magie spirituelle elle peut même faire jaillir une luminosité dans un noir sublime qu’elle aura créé en se combinant à un Indigo. J’aime Alizarine.


Le temps des couleurs en noir et blanc : esquisse au crayon
Le temps des couleurs en noir et blanc : esquisse au crayon

Chronique d’atelier n° 33 – 01/10/2018

LE TEMPS DES COULEURS EN NOIR ET BLANC

En revenant d’une journée de kayak au lac Wapizagonke je m’arrête à l’étang Boyer pour regarder la beauté du lieu. Le ciel se partage le soleil et les nuages, des épinettes noyées dans l’ouvrage des castors sont devenues d’un beau gris cendré, les couleurs s’annoncent, jalouses l’une de l’autre en se reflétant dans l’étang sauvage. Elles sont tardives les couleurs cette année mais elles sont toujours aussi flamboyantes. Je suis si bien.

 

Soudainement, il me passe un frisson sur le corps, un éclair qui me monte au cerveau après m’avoir traversé le cœur; IL FAUT QUE JE PEIGNE! LÀ! Dans un parfait automatisme je retourne à l’auto pour réaliser que je n’ai pas apporté mes couleurs. Malheur! Un autre frisson me passe sur le corps mais dans le sens contraire pour aboutir je ne dirai pas où… un coït interrompu! J’entendais le paysage m’appeler par mon nom d’artiste quand tout-à coup en reprenant mes esprits, je me suis souvenu de mon cahier à esquisses dessous le siège, avec mes crayons HB, 2B et 4 B. Qu’à cela ne tienne, le temps des couleurs sera en noir et blanc; le temps de tirer un croquis.


Les belles-soeurs : huile sur toile – 14 po x 11 po
Les belles-soeurs : huile sur toile – 14 po x 11 po

 

Chronique d’atelier n° 5– 15/01/2019

SAKIATSIAK

 

Pendant ce temps dans un village du Nunavik, deux belles-sœurs se racontent leurs rêves les plus intimes. Tout en marchant sur la neige durçie par le vent, elles se supportent l’une et l’autre dans un partage d’émotions, elles font le procès d’une condition de vie à double identité, en cherchant un amalgame pour meilleur des deux mondes. Rêver c’est important pour moins sentir la douleur, la douleur tenace qui habite la personne qui ne trouve plus ses repères, qui cherche son nord, mais qui par sa force légendaire finira par le trouver. 

Sakiatsiaq : huile sur toile – 14 po X11 po